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Nokia se rallie à Microsoft dans les smartphones

Le numéro un mondial des téléphones mobiles prépare des smartphones sous Windows phone, qui devient sa «plateforme principale». C’est la fin de l’indépendance du groupe finlandais, quia perdu plus de 14% en Bourse.

Le PDG de Nokia, Stephen Elop, avait préparé les esprits à un électrochoc. Il n’a pas menti. Vendredi matin, le numéro un mondial du mobile a annoncé une série de mesures drastiques pour retrouver de son éclat. La plus marquante vient d’un «large partenariat stratégique» avec Microsoft.

Selon les termes de l’accord, le système «Windows phone» de Microsoft devient la principale plateforme de Nokia dans les smartphones. Partenaire privilégié, le groupe finlandais apportera des innovations supplémentaires au système de Microsoft, par exemple dans la photographie et sera associé au développement. Dans les services, il fournira son service Nokia Maps aux outils de cartographie de Microsoft, tandis que ce dernier implantera son moteur de recherche Bing et sa plateforme publicitaire adCenter dans les «Nokia Windows Phones».

Symbian et MeeGo balayés
Avec ce partenariat, Nokia balaie ses deux systèmes d’exploitation. Symbian, intégré à tous ses smartphones jusqu’alors, sera toujours supporté, le temps d’effectuer une transition vers Windows. Nokia prévoit de vendre 150 millions de terminaux équipé de ce système en 2011. L’avenir de MeeGo, jusqu’alors présenté comme le futur de Nokia, est bien plus incertain. Selon cette nouvelle stratégie, MeeGo devient un projet Open Source, qui permettra de tester de nouvelles expériences dans le mobile à long terme. Un appareil sera vendu d’ici à la fin de l’année.

En délaissant Symbian et MeeGo pour Windows phone, Stephen Elop, transfuge de Microsoft arrivé chez Nokia il y a six mois, pense faire coup double. Il dote les smartphones Nokia d’un système d’exploitation plus moderne que Symbian, qui perd du terrain. En un an, la part de marché mondiale de Nokia dans les smartphones est tombée de 46 à 37%, selon les chiffres de Gartner, quand Android est passé de 4 à 22%. Or, c’est ce segment qui tire l’essentiel de la croissance du marché mobile. Face à l’iPhone et à Android, venus des États-Unis, Nokia prend aussi position dans un marché où il n’a jamais réussi.

«Nous n’avons toujours pas de réponse à l’iPhone»
Ce revirement stratégique marque cependant la fin d’indépendance de Nokia, une des plus belles réussites technologiques européennes. Comme Research In Motion et Apple, le groupe finlandais concevait jusqu’alors tout à la fois son logiciel et son matériel. Cela ne sera plus le cas dans les smartphones. En dépit de lourds investissements, Nokia a accumulé un retard considérable, négligeant longtemps le tactile et les boutiques d’applications. «Le premier iPhone est sorti en 2007 et nous n’avons toujours pas de produit dont l’expérience s’en approche (…). C’est incroyable», avait regretté Stephen Elop, dans un mémo envoyé à ses troupes.

Cette succession d’erreurs n’a pas seulement altéré l’image de Nokia face à de nouveaux acteurs plus innovants. Elle a aussi lourdement pesé sur les résultats du groupe. Après une année 2009 calamiteuse, où il a plongé de près de 20%, le chiffre d’affaires de Nokia n’a rebondi l’an passé que de 4%, pour revenir à son niveau de 2006. Le bénéfice net s’est lui redressé de 891 millions d’euros à 1,85 milliard d’euros, mais a encore chuté de 21% au dernier trimestre 2010.

«Deux dindes ne font pas un aigle»
En raison de son alliance avec Microsoft, Nokia s’attend désormais à ce que 2011 et 2012 soient «des années de transition». Des emplois seront supprimés dans le monde, et le budget de recherche et développement réduit de manière significative. À la Bourse d’Helsinki, le titre Nokia était sévèrement sanctionné vendredi, perdant plus de 14% à la clôture. Les effets positifs d’un tel rapprochement ne peuvent être espérés qu’à long terme, soulignent les analystes. Nokia ne donne pas le calendrier de sortie des nouveaux téléphones «Windows phone», ni sur une éventuelle tablette.

Pour Microsoft, l’alliance provoque moins de bouleversements. Elle ajoute un nom supplémentaire à sa gamme de partenaires, qui compte déjà LG, HTC et Samsung. S’il devra gérer la cohabitation entre tous ces acteurs, loin d’être évidente, Microsoft peut espérer accroître fortement les ventes de «Windows phones», encore timorées, puisque Nokia ne vendra pas en parallèle de téléphones sous Android. Le rapprochement pourrait aussi encourager les développeurs à migrer vers une plateforme qui ne compte que 7000 applications. Google ne paraît pas inquiet. «Deux dindes ne font pas un aigle», a ironisé un de ses dirigeants cette semaine sur Twitter.

lefigaro.fr

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