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Les médias, nouvelle cible de Facebook

Grâce aux nouvelles applications du profil, le réseau social devient une source de traficpour les éditeurs de contenus. Il améliore en parallèle sa connaissance des utilisateurs.

La petite révolution amorcée en septembre dernier par Facebook est en train de porter ses fruits. Le fondateur du réseau social, Mark Zuckerberg, avait alors dévoilé les «Timeline apps», des applications qui font apparaître sur le profil d’un utilisateur ses activités sur d’autres sites -affichant aussi bien les morceaux écoutés sur Spotify que les articles lus sur le Wall Street Journal. Elles s’accompagnaient de nouveaux boutons d’action comme «lire», «écouter», «regarder»… Plusieurs services, dont Deezer et Dailymotion en France, avaient créé leurs applications dans la foulée, suivis, en janvier, de nombreux autres éditeurs de contenus.

Les résultats publiés récemment par Facebook sont spectaculaires. Depuis septembre, 25 millions d’internautes ont installé l’application de Yahoo! News. Celle du quotidien britannique The Guardian a séduit plus de 6 millions d’internautes, dont la moitié a moins de 25 ans. Plus de 10 millions de personnes lisent le Washington Post sur Facebook tous les mois -cinq fois plus que ce qu’espérait le quotidien. En France, le site de critiques de films Cinemur a enregistré un bond de 40% de son trafic. Chez Dailymotion, l’engagement des internautes, qui regardent plus de vidéos sur Facebook et se connectent plus souvent avec leurs identifiants sur Dailymotion, a triplé.

Ces succès aident Facebook à séduire de nouveaux éditeurs de contenus. La semaine dernière, 12 médias américains, dont la chaîne CBS, le site Huffington Post et le portail MSNBC.com, ont annoncé le lancement de leurs applications. En France, celles de Canal+, Wat (TF1), M6 et Warner Bros sont imminentes. «Nous promettons deux choses aux médias: une distribution de leurs contenus auprès de potentiellement 850 millions de personnes, et de l’engagement et du réengagement des utilisateurs», explique Julien Codorniou, directeur des partenariats de Facebook France.

Plate-forme de distribution

La viralité du réseau social fonctionne à plein régime. En France, le tout jeune réseau social de voyage Wipolo a ainsi multiplié par 7 le nombre d’utilisateurs venant de Facebook. «Cela a été un gros accélérateur. Si nous extrapolons ces chiffres, nous allons gagner beaucoup de temps sur notre plan de marche», explique Matthieu Heslouin, son fondateur. «La Timeline App offre une plate-forme de distribution aussi puissante que la radio pour la musique», analyse de son côté Spencer Hyman, fondateur et PDG de Artfinder, un service dédié à la découverte d’œuvres d’art. Il a, lui, observé une hausse de 60% du temps passé sur son site par les utilisateurs venant de Facebook.

A priori, l’opération est gagnante pour les deux parties. «L’espace au sein de l’application appartient à 100% à l’éditeur qui peut y vendre de la publicité. Nous ne touchons rien là dessus», souligne Julien Codorniou. Facebook commercialise, lui, de la publicité dans la barre latérale du navigateur. Pour cela, avoir des applications qui enrichissent sa base de données d’informations qualitatives est très précieux. «J’écoute Lady Gaga a plus de valeur que j’aime Lady Gaga», résume Julien Codorniou. Un avantage acquis à moindre frais: «Certes, Facebook ne touche rien sur nos recettes publicitaires, mais il ne paye rien en achat de droits pour la musique et la vidéo qui contribuent à l’attractivité de la plate-forme. La beauté de l’outil est que tout ce travail est fait par l’écosystème», rappelle Martin Rogard, directeur général de Dailymotion France.

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