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La coupure d’Internet a coûté 65 millions d’euros à l’Égypte

Cette coupure de cinq jours pourrait décourager les entreprises étrangères d’investir en Égypte, prévient l’OCDE.

La coupure d’Internet en Égypte coûtera au moins 65 millions d’euros au pays, selon les estimations publiées jeudi par l’OCDE. «Les services bloqués représentent environ 3% à 4% du produit intérieur brut (PIB), soit une perte de 13 millions de dollars par jour», indique l’Organisation de coopération et de développement économiques dans un bref communiqué.

L’impact de cette déconnexion d’Internet en Égypte pourrait avoir aussi avoir des répercussions importantes à long terme, en décourageant les entreprises étrangères de s’implanter dans un pays où les réseaux ne seraient pas fiables. Or, «jusqu’ici, attirer ces sociétés a été une stratégie clé du gouvernement» égyptien, rappelle l’OCDE.

Une coupure d’une ampleur inédite
Après cinq jours de coupure totale, les Égyptiens ont retrouvé leurs accès à Internet mercredi. La situation est revenue à la normale non seulement pour les internautes situés dans le pays, mais aussi pour les étrangers qui souhaitent consulter des sites égyptiens. L’extinction d’Internet avait été imposée vendredi par le gouvernement afin de perturber les appels à manifester relayés sur les réseaux sociaux, dans un pays qui compte 80 millions d’habitants, dont 23 millions d’internautes.

Cette coupure, qui n’a pas empêché la contestation dans la rue, apparaît néanmoins déjà comme un cas d’école pour les experts informatiques, car elle est inédite par sa durée et son ampleur. Les précédentes ruptures d’accès, en Birmanie en 2007 ou en Iran en 2009 lors de protestations populaires, n’avaient été que temporaires ou très ciblées.

Des techniques de contournement
Selon les premières analyses, le gouvernement égyptien a dû demander aux opérateurs de stopper leurs échanges d’informations. Ces sociétés, qui dépendent de licences accordées par l’État, ont toutes obtempéré. Résultat, les données ne pouvaient plus circuler dans le pays, ni le quitter.

Avant de recourir à cette méthode radicale, le gouvernement égyptien avait tenté de museler la contestation en censurant certains sites Internet, comme Facebook et Twitter. Mais des techniques de contournement étaient apparues. De même, durant la coupure, des sociétés occidentales s’étaient portés au secours des Égyptiens, en proposant de se connecter par leurs serveurs ou de «tweeter» par téléphone.

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