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Google vole au secours du brevet européen


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Ses logiciels vont traduire automatiquement les brevets déposés dans les 38 pays de l’UE, alors que les querelles linguistiques ralentissent l’arrivée d’un brevet paneuropéen.

Les Européens n’auront plus à se forcer pour apprendre à parler ensemble. Mardi, l’Office européen des brevets (OEB) a annoncé la signature d’un accord avec Google pour traduire automatiquement les brevets dans les 38 pays européens, soit 29 langues différentes. Plus de 60.000 brevets sont délivrés chaque année en Europe, pour 200.000 demandes.

Cet accord n’est pas destiné à ceux qui déposent les brevets, mais à ceux qui les consultent. Actuellement, une demande de brevet doit être rédigée en anglais, en français ou en allemand, l’une des trois langues officielles de l’OEB. Pour être protégée dans chaque pays, elle doit ensuite être traduite dans chaque langue locale. Mais cette procédure est coûteuse : il faut compter 20.000 euros, dont 14.000 euros de traduction, pour valider un brevet dans la moitié des pays de l’UE. Aux Etats-Unis, environ 1850 euros suffisent. Résultat, de nombreux brevets ne sont pas disponibles dans toutes les langues de l’UE.
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Le logiciel de Google entend corriger cela. Les entreprises, les inventeurs et les scientifiques disposeront bientôt d’un outil pour traduire gratuitement les brevets dans leur langue, et les comprendre. «Cela devrait accélérer l’innovation», vante Carlo d’Asaro Biondo, vice-président de Google en Europe. Ces traductions auront cependant une valeur informative, et pas juridique. «C’est du domaine de la veille technologique et concurrentielle», explique Benoît Battisletti, président l’Office européen des brevets.

«Faciliter un accord sur le brevet européen»
Le nouvel outil de traduction sera mis en ligne au printemps, dans une poignée de langues. Entre-temps, les algorithmes de Google devront assimiler 1,5 million de documents, souvent extrêmement techniques, déjà traduits manuellement par l’OEB. Contrairement à d’autres systèmes automatisés, Google ne traduit pas mot à mot, mais compare les textes en plusieurs langues, et dresse des statistiques en repérant les traductions d’expression les plus fréquentes. Il se nourrissait jusqu’alors notamment de textes de l’ONU.
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Ce n’est toutefois qu’une étape. «Nous pensons que cet accord, permettant l’accès dans différentes langues, facilitera un accord sur le brevet européen», avance Benoît Battisletti. Le brevet paneuropéen, directement valable dans tous les pays, butte en effet sur une querelle linguistique. L’Espagne et l’Italie exigent que les textes soient traduits dans leurs langues. Le défi suivant touchera aux langues asiatiques, pour parvenir à traduire des informations technologiques publiées en japonais, en chinois ou en coréen.
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