Outsourcing Contact
30Oct
2011

Un satellite dédié à l’étude de la mousson


Megha-Tropiques va étudier le cycle de l'eau au-dessus de la ceinture tropicale.

Le satellite franco-indien Megha-Tropiques porte bien son nom (megha signifie «nuage» en sanskrit et en hindi). Lancée la semaine dernière par une fusée PSLV C-18 depuis la base de Sriharikota, dans le sud de l'Inde, cette sonde va étudier pendant au moins trois ans le cycle de l'eau dans la zone tropicale, notamment le phénomène de la mousson, vital pour des milliards d'être humains.

Réchauffement climatique
Fruit d'une collaboration initiée en 1998 entre l'agence spatiale indienne (Isro) et le Centre national d'études spatiales (Cnes), Megha-Tropiques va «procéder à des mesures fréquentes de la vapeur d'eau, des nuages, des précipitations et du rayonnement dans l'atmosphère tropicale», explique Didier Renaut, directeur des programmes atmosphère, météo et climat au Cnes.D'une masse d'environ une tonne, le satellite est équipé de trois instruments scientifiques. L'imageur micro-ondes franco-indien Madras sera dédié à l'étude des précipitations et des propriétés des nuages, tandis que le radiomètre micro-ondes Saphir, fourni par la France, restituera la distribution verticale et horizontale de la vapeur d'eau. Enfin, le radiomètre Scarab, de fabrication française lui aussi, mesurera les flux radiatifs au sommet de l'atmosphère.

Principale originalité: grâce à son orbite très faiblement inclinée (20 degrés au-dessus de l'Équateur) alliée à une altitude élevée (865 km), Megha-Tropiques repassera six fois par jour au-dessus de la ceinture tropicale. Du jamais-vu! À titre de comparaison, les satellites classiques, dont l'orbite passe au-dessus des pôles, ne réalisent en moyenne que deux passages par jour en haut d'un même point.

Cette extraordinaire moisson de données attendue par les météorologues leur permettra de mieux prévoir, en temps réel, le déroulement de la mousson, l'évolution des cyclones et les risques d'inondation. La zone tropicale étant une grande pourvoyeuse d'énergie solaire vers les latitudes plus élevées, les climatologues trouveront, de leur côté, matière à affiner leurs modèles et à mieux comprendre l'évolution du climat futur.

Le réchauffement en cours devrait notamment se traduire par une augmentation des précipitations dans les zones tropicales. Mais, comme l'explique Rémy Roca, le responsable scientifique de la mission, «si la vapeur d'eau est bien prise en compte par les modèles, ce n'est pas le cas pour les pluies». Une carence que Megha-Tropiques devrait permettre de combler. Au moins en partie. Car, faute de soutien politique et financier, le satellite n'a pour l'instant pas de successeur. Or, pour pouvoir aboutir, l'étude des phénomènes climatiques suppose de pérenniser la collecte des données.


Commentaires

Laisser un commentaire