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La bataille du « cloud » pour les particuliers

Amazon, Microsoft, Google, Apple et Dropbox se battent pour stocker les photos, musiques et autres données personnelles du grand public.

C’est la nouvelle révolution qui accompagne l’électronique grand public. Finie, la course aux capacités de mémoire toujours plus grandes pour un PC, un appareil photo, un baladeur, un smartphone ou une tablette. Désormais, les photos, la vidéo, la musique, les documents… peuvent être stockés dans le réseau et sont accessibles sur n’importe quel terminal pourvu qu’il soit connecté à Internet. Ces nouveaux services de stockage à distance (ce qu’on appelle le cloud computing) sont l’enjeu d’une grande bataille entre les géants de la technologie les plus connus du grand public.

Amazon, premier commerçant en ligne au monde et numéro un mondial du cloud computing, a ajouté, le 3 mai, des outils pour le grand public à son offre de cloud S3, pour partager et stocker facilement des photos et des vidéos, destinée aux utilisateurs de Mac et de Windows. De son côté, Google a lancé, le 24 avril, un nouveau service en ligne baptisé Google Drive, présenté comme «un espace pour créer, partager, collaborer et conserver tous ses documents». Autrement dit, ce service permet de stocker ses fichiers à distance à partir d’un ordinateur de bureau mais également de les partager, en temps réel, avec ses amis ou ses collaborateurs à travers un smartphone. Chacun peut ainsi réaliser une sauvegarde de ses données. Le moteur de recherche le plus utilisé au monde s’est ainsi créé un nouveau front contre Apple, Amazon, l’entreprise spécialisée Dropbox et Microsoft.

a veille du lancement de Google Drive, Microsoft a mis à jour son service SkyDrive qui permet d’associer sur le même compte, à distance, des informations à partir de plusieurs types d’équipements: PC utilisant Windows, Windows ­Phone, mais également Macintosh, iPad, iPhone et même Android Phone, car des applications ont été conçues par des éditeurs tiers. Microsoft a une vision plus œcuménique que la plupart de ses concurrents. Le service iCloud d’Apple est limité aux seuls produits de la marque à la pomme. Google met en avant ses logiciels en ligne, tels Picasa pour les images et GoogleDocs pour le texte. Enfin, l’entreprise spécialisée Dropbox, fondée en 2007, génère ses recettes avec la vente de capacités de stockage supplémentaire et des «services premium». Car chaque service de cloud pour les particuliers est gratuit jusqu’à une certaine quantité de données enregistrées. Le stockage devient payant au-dessus d’un certain seuil (5 Go de données) chez Dropbox, ou 7 Go (même 25 Go pour ceux qui avaient un compte avant le 22 avril) chez Microsoft.

Des modèles économiques variés

La raison de ces différentes approches? «Les modèles économiques sont variés. Ils peuvent reposer sur le stockage payant et la vente d’applications. Ou le service peut être conçu pour rendre les produits d’une marque plus attractifs, comme le fait Apple avec iCloud ou comme nous le faisons avec SkyDrive. Enfin, d’autres acteurs visent le marché des recettes publicitaires», explique Dharmesh Mehta, le responsable de SkyDrive chez Microsoft.

En nombre d’utilisateurs actifs, Apple, qui a revendiqué plus de 125 millions d’utilisateurs dont 96% utilisent le service gratuitement, mène la danse. Dropbox, avec un total de 50 millions de comptes, vient ensuite. Fin mars, près d’un an après le lancement de son service remodelé, SkyDrive comptait 17 millions de membres dans le monde, dont 2 millions en France selon Médiamétrie.

D’autres entreprises, en particulier des opérateurs de télécoms, devraient se lancer sur ce marché, dans la lignée de ce que propose déjà Deutsche Telekom outre-Rhin. «Nous sommes encore sur une niche. Le service est utilisé par des consommateurs très enthousiastes et férus de nouvelles technologies. Le nombre total d’utilisateurs sera beaucoup plus impressionnant dans deux à trois ans», assure Dharmesh Mehta.