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Hyundai i30 : objectif Golf

Taillées pour l’Europe où elles sont reines, les berlines compactes mènent une rude bataille pour conquérir des parts de marché. Les taulières s’y nomment Volkswagen Golf, Ford Focus, Renault Mégane, Alfa Giulietta, Peugeot 308, Honda Civic ou encore Opel Astra et tout irait pour le mieux si d’insolentes coréennes ne faisaient pas tout pour les bousculer. Il y a bien sûr la Kia cee’d (nous y reviendront très prochainement), mais aussi sa cousine directe, la Hyundai i30 avec laquelle elle a de nombreuses choses en commun, dont la plateforme technique.
On se passerait bien de renouveler le couplet sur les coréennes qui ne cessent de s’améliorer, mais force est de constater que chaque nouvelle génération qui se présente à notre évaluation enfonce très nettement la précédente et se rapproche à les toucher, à les dépasser parfois, les standards européens de qualité et de design. C’est précisément le cas de cette Hyundai i30 de deuxième génération que nous avons eu l’occasion de prendre en main sur les routes ensoleillées de Provence.

FUTUR BEST SELLER

Nouvelle génération, oui, mais pas pour autant perdreau de l’année. La i30 totalise en effet 400 000 ventes européennes depuis son premier lancement en 2007 (dont 20 000 en France) et, en 2010, se présentait à la 6è place du segment. Ce bon score obtenu malgré un design sans saveur particulière ne devrait donc pas souffrir de cette deuxième génération qui prend à son tour les codes dits fluidic sculpture que Hyundai a déjà installés sur le SUV iX35 et, plus récemment, sur le Veloster (lire notre essai : Veloster, tout le monde est content). Derrière cette appellation marketing (les constructeurs en raffolent de plus en plus), on trouve un style dynamique mais dont l’agressivité est effectivement atténuée par des lignes de fuites aux courbures adoucies et des effets de relief très travaillés, notamment sur les flans. Là encore, c’est une tendance lourde : les panneaux de porte plats comme la hollande, c’est terminé ! Le tout n’est pas sans évoquer une Ford. En tous cas, cette berline de 4,30 m. ne laisse pas indifférent et c’est déjà beaucoup.
Pour renforcer cette sensation de qualité induite par un design soigné, la signature lumineuse fait également l’objet de tous les soins, notamment avec des LED jusqu’ici adoptées principalement par des marques statutaires, voire premium. Certes, chez Hyundai on n’a pas la prétention d’accrocher Audi, mais l’on n’hésite pas pour autant à se comparer à Volkswagen. La marque allemande doit-elle pour autant craindre pour sa suprématie ? Il n’y a plus qu’à passer au volant pour en évaluer le risque.

VARICELLE

Avant de mettre le contact (le terme n’est pour ainsi dire plus que symbolique car la version que nous avons entre les mains est équipée d’un système de démarrage sans clé), l’accueil à bord est plutôt gratifiant. La sellerie garnie de cuir en jette, même si l’on a bien conscience de ne pas être assis sur les meilleures essences en la matière. De même, la planche de bord brille par un équipement de confort ostentatoire et un assemblage de mobilier très correct, mais arbore toujours quelques plastiques-tocs durs par endroit. Des boutons ? C’est une véritable varicelle technologique dont semble atteinte la i30. On en dénombre en effet plus de 40, sans prendre en compte les commandes des ouvrants. Un peu de simplification ne nuirait pas, notamment au niveau du volant. En revanche, le propriétaire saura apprécier à leur juste valeur la très belle instrumentation, notamment la finesse de l’affichage multifonction couleurs situé entre le tachymètre et le compte-tour, de même que le système d’info-divertissement tactile qui intègre également la navigation GPS et le retour de la caméra de recul. Il va sans dire que la connectique nécessaire à brancher un baladeur multimédia (Aux-in et USB) ou un téléphone via Bluetooth (compatible streaming audio) est présente et pour ne pas se disputer les prises 12 volts, on en compte deux dans le cockpit. Et il suffit de lever la tête pour apprécier le très beau toit ouvrant panoramique équipé d’un velum d’occultation électrique.. Bref, à ce niveau de gamme, c’est un sans faute.

5 ÉTOILES

L’équipement de sécurité n’est pas en reste et outre l’ESP, le traditionnel ABS ou l’aide au démarrage en côte, on trouve également un système de stabilisation et pas moins de 6 airbags. Tout ceci permet à la i30 d’obtenir les 5 étoiles au crash test Euro NCAP. Notons également la présence d’un frein de parking électrique. Si nous préférons les traditionnels freins à main, il est indéniable que ce simple bouton permet toujours de dégager de l’espace entre les sièges. Mais l’esprit sportif y perd forcément.
Aux places arrière, Hyundai a légèrement amélioré les côtes (+11 mm aux jambres et 30 mm sur la garde au toit), rendant l’accueil conforme à ce que l’on attend dans cette catégorie. Quant au coffre, il est généreux sans être gigantesque et accueillera un peu moins de 380 litres de bagage.

Mais il n’est ici de toute façon pas question de sport. La i30 est dotée de vraies qualités dynamiques, mais n’est pas pour autant prête à jouer les bolides. Ses arguments, elle les tire même plutôt de la sobriété annoncée de certaines de ses mécaniques. Sa version équipée du moteur diesel 1.6 L. CRDi de 110 chevaux est ainsi gratifiée d’une consommation mixte de 3,7 L./100 km (97 g. de CO2/km), notamment grâce à son dispositif Stop&Start (baptisée ici ISG). Notre version d’essai était quant à elle équipée du nouveau bloc diesel de 128 chevaux dont la consommation affichée est de 4,3 L./100 (114 g de CO2/km). Certes agréable, il n’est pas évident d’en justifier l’acquisition autrement que par la pléthore d’équipements qui compose sa finition Premium (indisponible sur la version 110 chevaux). Car du côté des performances dynamiques et du comportement routier, la différence n’est pas énorme du fait d’un poids à vide strictement égal et d’un couple moteur identique (260 Nm). Sur le modèle économique, seuls les rapports de boîte plus longs induisent des relances un peu moins rapides. Et puisque l’on évoque la boîte de vitesse (manuelle à 6 rapports), regrettons l’absence au catalogue d’une version à double embrayage dont la clientèle se fait de plus en plus friante.

« PU****… CINQ ANS ! »

Le dernier argument fort de la Hyundai i30, c’est sa garantie. Le constructeur coréen couvre en effet son auto durant 5 ans, avec kilométrage illimité, assistance et contrôle annuel inclus. De quoi faire pencher les derniers indécis ? Possible. D’autant que côté tarifs, la i30 commence à 16 900 € avec un moteur essence de 100 chevaux, là où une Volkswagen Golf est facturée 17 790 € avec un moteur de 85 chevaux. Le modèle de notre essai, 1,6 diesel Pack Premium, est quant à lui facturé 25 700 €. Des carrosseries break et 3 portes arriveront respectivement aux mois d’août et de décembre de cette année.