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Le maillot le plus cher du monde

Alors que le match amical qui va opposer la France à l’Angleterre mercredi à Londres présente peu d’enjeu, ce dernier aura pour principale particularité de voir les Bleus jouer leur ultime rencontre avec un maillot Adidas. À partir du 1er janvier 2011, les Bleus ne s’habilleront plus en Adidas, comme ils en avaient l’habitude depuis 1972, mais en Nike. Le 22 février 2008, la firme au « swoosh » a remporté un appel d’offres face à Adidas et à Airness. Elle s’est alors engagée à verser 320 millions à la Fédération française de football (FFF) de 2011 à 2018, soit 42,66 millions d’euros par an, contre 10 millions jusqu’à présent, faisant ainsi du maillot du onze tricolore le maillot le plus cher du monde. À ces 42 millions il faudra également rajouter une dotation d’équipements estimée à 2,5 millions d’euros par saison pour toutes les équipes de France ainsi que des primes de résultat.

Si la gestion de la FFF est régulièrement critiquée – reconduction hasardeuse de Domenech en 2008, imbroglio autour des primes des Bleus…-, on ne peut que s’incliner devant le timing (heureux ?) avec lequel ce dossier a été traité. En février 2008, la crise n’a pas encore marqué le paysage économique mondial et l’équipe de France est restée sur une finale de Coupe du monde ; sa cote était donc au plus haut. Par ailleurs, Nike restait alors sur une défaite cuisante face à son rival Adidas pour habiller l’équipe d’Allemagne. La marque aux trois bandes avait remporté l’appel d’offres du fait de sa proximité avec la Fédération allemande de football en proposant 25 millions d’euros par an, quand sa rivale américaine avait vu son offre, pourtant largement supérieure (50 millions d’euros), rejetée.

Un marché évalué à plus de quatre milliards d’euros
Ce changement d’équipementier intervient donc dans un contexte de compétition acharnée entre les différents sponsors pour la suprématie sur le juteux marché du football, chaque marque se battant pour équiper les plus grandes nations et ainsi renforcer son image de marque et de leader sur le marché du foot. Ainsi, Nike, partenaire historique du Brésil (22 millions d’euros par an), habille également les Pays-Bas, le Portugal et l’Angleterre (30 millions à travers Umbro), tandis que la tunique Adidas est revêtue par l’Allemagne (25 millions), l’Argentine et l’Espagne.

En 2006, Adidas avait écoulé 1,5 million de maillots aux couleurs allemandes et 500.000 maillots français. Au rayon des articles de foot (tenues, ballons, chaussures…), les parts de marché de Nike et d’Adidas sont comparables. Dans un secteur qui brasse plus de 4 milliards d’euros, la firme allemande détient 34 % des parts de marché, contre 32 % pour les Américains, pourtant inexistants jusqu’en 1994. Les deux leaders sont suivis de loin par Puma, qui concentre son activité sur l’équipe d’Italie et les sélections africaines et représente 8 % du marché. Si le contrat avec la France remporté par Nike est un coup dur infligé à son grand rival, la firme au « swoosh » semble aujourd’hui avoir réalisé une mauvaise affaire, l’image de l’équipe de France s’étant dégradée ces deux dernières années. En revanche, du côté de la FFF, on est forcément ravi de ce fabuleux contrat qui va lui permettre d’assainir des comptes dans le rouge. Avec un déficit de 1,36 million d’euros.