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14Jan
2011

Les smartphones, nouvelle trousse du docteur


VIDEOS - Le marché des applications pour téléphones mobiles dédiées à la santé explose, séduisant même des professionnels.

Les utilisateurs de smartphones seraient-ils hypocondriaques ? Avec 200 millions d'utilisateurs dans le monde - et sans doute trois fois plus l'an prochain selon un rapport du site InformationWeek HealthCare - les applications orientées «santé et bien être» connaissent un succès florissant. La plupart de ces quelque 9000 programmes proposent d'apporter de l'information pratique ou un soutien à l'utilisateur, en le guidant dans la poursuite d'un régime ou en l'aidant par exemple à trouver la pharmacie la plus proche. Mais au milieu de cette multitude émergent, aussi, des outils plus pointus qui séduisent jusqu'aux professionnels de santé.

Le Consumer Electronic Show de Las Vegas, grand messe annuelle des passionnés d'électronique, a été l'occasion de présenter les nouveautés en la matière. Notamment l'iPhone ECG, qui permet de transformer son iPhone en électrocardiographe et ainsi mesurer l'activité électrique du cœur. Créé par la société AliveCor, il consiste en une coque dans laquelle on emboîte son téléphone. Quand on place le tout sur la poitrine du «patient », les résultats (électrocardiogramme) s'affichent sur l'écran, grâce à un programme associé. Ils peuvent également être analysés, pour aider un non-expert à les comprendre, ou transmis à un professionnels de santé. Le prix de la coque avoisinerait les 100 euros, mais il n'est pas encore en vente.

Le produit enthousiasme le Dr Dominique Dupagne, créateur d'une communauté sur internet de professionnels de santé intéressés par la high tech, Iphomed. «Même si l'ECG est incomplet, cet outil peut s'avérer pratique, notamment quand on se trouve, en cabinet, face à un trouble du rythme cardiaque. C'est un plus par rapport à une auscultation classique, assez limitée.»

Autre nouveauté remarquée lors du CES, le tensiomètre créé par la start-up française Withings, distingué par un prix de l'innovation. Ici, l'outil consiste en un brassard gonflable, proche de ceux des professionnels. Un câble le relie à l'iPhone, iPad ou iPod Touch et permet à un utilisateur sans connaissances médicales de lire et comprendre les données, et de les comparer aux mesures précédentes. L'appareil sera commercialisé au prix de 129 euros à la fin du mois.

Ces produits connaîtront-ils le même succès que l'iStethoscope ? Commercialisée depuis le 15 juillet 2009, cette application à bas coût (moins de un euro à son lancement, devenue gratuite depuis) a été téléchargée par 3 millions d'internautes en un an, selon le Guardian. Grâce au micro du téléphone, elle permet d'entendre, d'enregistrer et de traduire en diagrammes les battements du cœur. Il est aussi possible d'envoyer ces documents à d'autres personnes, comme des médecins.

L'arrivée de ce nouveau type de matériel médical, pas toujours explicitement destiné aux professionnels, suscite «un grand intérêt» au sein de l'Afssaps. «Nous ne sommes habilités à contrôler que ce qui relève du matériel pour les professionnels, explique au figaro.fr Nicolas Thévenet, chef du département de surveillance du marché des dispositifs médicaux au sein de l'agence. La difficulté, avec ces applis pour smartphones, tient à distinguer l'outil «pro» de ce qui est destiné à un usage plus «récréatif».

Ainsi, «quelqu'un qui fait beaucoup de sport peut ainsi souhaiter surveiller son cœur au quotidien. Mais certains médecins isolés à la campagne peuvent aussi être tentés d'utiliser ces outils pour envoyer facilement les résultats à des confrères spécialistes, même si rien ne prouve que les mesures sont aussi fiables qu'avec le matériel certifié auquel ils sont habitués», explique-t-il. L'attitude à adopter face à ces nouvelles technologies devrait être abordée par l'Afssaps lors de sa prochaine commission nationale et donner lieu à une communication auprès du grand public, ajoute Nicolas Thévenet.

D'autant que la demande est potentiellement forte. «Au final, il y a peu d'applis pour les médecins, alors que les smartphones ont d'énormes capacités et pas seulement pour la recherche d'informations, estime Dominique Dupagne. Par exemple, je rêve d'une application qui permettrait, en prenant une gélule en photo, de reconnaître de quel médicament il s'agit quand le patient n'a plus la boîte et ne sait plus ce que c'est».


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