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25Mar
2011

La Chine accusée de pratiquer une censure téléphonique


Des conversations incluant le mot «protestation», en anglais et en chinois, ont été interrompues, rapporte le New York Times. La Chine est aussi attaquée par Google, qui lui reproche de perturber l'accès à Gmail.

Les révoltes dans le monde arabe mettent la Chine en alerte. Ces derniers jours, les autorités chinoises auraient renforcé leur contrôle des communications, censurant des appels téléphoniques, en plus des courriers électroniques, de la messagerie instantanée et des sites Internet, indique le New York Times dans son édition de mardi. La Chine chercherait ainsi à étouffer la montée de la contestation d'anonymes, qui invitent la population à descendre manifester dans la rue.

Selon des témoignages recueillis par le quotidien new-yorkais, des conversations ont été interrompues en Chine lorsque que le terme «protestation» a été prononcé. Le New York Times cite l'exemple de deux appels en anglais et en mandarin coupés en plein milieu d'une réplique d'Hamlet («La dame fait trop de protestations, ce me semble»), qui émanaient pourtant de lignes et de téléphones différents.

En 2008, le Guardian avait révélé que la Chine disposait s'était équipée d'outils de reconnaissance vocale, taillés pour la surveillance automatisée et fournis par des sociétés américaines, notamment Nortel. Mais les usages de cette technologie pour de la censure automatique de certains termes au cours des conversations, comme le suggère le New York Times, et non pas pour de l'écoute par les forces de police, sont encore peu documentés.

Google accuse la Chine de perturber Gmail
Sur Internet, le durcissement de la censure chinoise est plus clair. Depuis la fin janvier, certains mots liés aux événements dans les pays arabes, comme «jasmin» ou «Égypte», ont été interdits sur le moteur de recherche du site Sina.com, équivalent local de Twitter, et sur d'autres sites de micro-blogging. «Selon les lois en vigueur, le résultat de votre recherche ne peut être communiqué», indique un message d'erreur.

Outre cette censure sur des mots-clés d'actualité, la Chine colmate également dans l'urgence les brèches de sa «Grande muraille numérique» sur Internet. Ce système de censure interdit déjà aux 457 millions d'internautes du pays d'accéder à des sites américains tels que Facebook et YouTube. Il filtre aussi les pages de mouvements politiques dissidents et les contenus pornographiques.

D'après Google, qui s'est retiré de Chine avec fracas l'an dernier, les autorités chinoises useraient à présent d'une nouvelle méthode, préférant perturber discrètement un site plutôt que le bloquer. Des utilisateurs de Gmail se sont ainsi plaints de ne pas pouvoir envoyer de messages. «C'est un blocage décidé par le gouvernement et conçu de telle manière que le problème semble venir de Gmail», a accusé lundi le groupe américain.

Le ministère chinois des Affaires étrangères, qui avait déjà assuré que le Web chinois était «ouvert», a qualifié mardi cette accusation de Google d'«inacceptable», sans fournir plus de détails. Ces perturbations touchent aussi d'autres sites. Des opérateurs de réseau privé virtuel (VPN), ce système qui permet de contourner la censure, ont eux aussi fait état de difficultés de connexion soudaines. «Cela semble être la réaction chinoise aux appels à manifester», a estimé l'un d'entre eux.


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