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30Oct
2011

Il faudra nourrir 9 milliards d’hommes en 2050


Selon la FAO, près d'un milliard de personnes souffrent aujourd'hui de malnutrition.

Le chiffre est terrible. Près d'un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde. Et leur nombre ne cesse d'augmenter. À l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation, qui sera célébrée dimanche sur les cinq continents, la FAO (Food and Agriculture Organization) rappelle que la hausse des prix des denrées alimentaires a fait basculer cette année près de 70 millions de personnes dans l'extrême pauvreté. Qu'en sera-t-il en 2050 quand il faudra nourrir 9 milliards de bouches, contre 7 aujourd'hui ?

La faim frappe surtout l'Asie, qui compte le plus grand nombre de malnutris en valeur absolue (580 millions de personnes), et l'Afrique avec le plus fort taux (30 % de la population, soit 240 millions de personnes). Or sur ces deux continents, qui seront aussi les plus peuplés au mitan de ce siècle, les rendements céréaliers moyens sont dramatiquement faibles : 28 quintaux par hectare en Asie et 13 en Afrique subsaharienne, contre 50 dans les pays développés (70 en France !). La première urgence consiste donc à augmenter la productivité agricole dans ces régions. D'après la FAO, la production alimentaire mondiale devra augmenter de 70 % d'ici à 2050 pour éradiquer la faim. Le tout bien sûr sans dégrader l'environnement et sans augmenter la surface de terres arables au risque de mettre en péril la biodiversité. La quadrature du cercle ? Pas forcément.

Biotechnologies
Car les marges de progrès restent importantes. La mise au point d'une agriculture «durablement intensive», faisant appel à toute la panoplie des moyens techniques disponibles, y compris les biotechnologies, reste une importante carte à jouer. «Dans l'immédiat, le principal facteur limitant dans les pays du Sud, et notamment en Afrique, c'est l'accès aux engrais et aux semences», explique Gérard Matheron, président du Cirad (centre de recherche agronomique pour le développement), auteur avec Marion Guillou, présidente de l'Inra, d'un ouvrage récent sur le sujet.* La lutte contre les pertes et le gaspillage, l'organisation des échanges par la stabilisation des prix et le soutien financier au développement d'une agriculture vivrière compétitive dans les pays du Sud sont autant d'autres priorités.

En gardant à l'esprit que le verre n'est pas qu'à moitié vide. Si le nombre de malnutris a crû en valeur absolue ces dix dernières années, principalement en raison des conflits et de la hausse des prix des aliments, leur proportion a baissé de moitié depuis trente-cinq ans. Sans doute une raison d'espérer. M. Mé.

* 9 milliards d'hommes à nourrir. Un défi pour demain. François Bourin Éditeur, 420 p.


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