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29Mar
2011

Facebook : 600 millions d’acheteurs potentiels


L'ouverture de boutiques au sein du site communautaire est sur le point de transformer le réseau social en galerie marchande. Les commerçants exploitent la taille gigantesque du réseau, où le prix du ticket d'entrée est faible.

Avec plus d'un demi-milliard de membres actifs, Facebook représente une audience colossale. Le réseau social est devenu, en 2010, le site sur lequel les internautes américains et européens passent le plus de temps. Plate-forme de communication, de jeu ou d'information, Facebook pourrait maintenant devenir une vaste galerie marchande, alors que des e-marchands y ouvrent leurs premières boutiques.

Aux États-Unis, le distributeur JCPenney et la compagnie aérienne Delta Airlines ont installé leurs étals sur Facebook. Amazon et Pampers se sont associés pour vendre des couches depuis la plate-forme. En France, La Redoute s'est lancée en février avec une sélection de produits.

Des start-up spécialisées, comme Boosket en France et Payvment outre-Atlantique, surfent sur la vague et proposent des boutiques clés en main aux marques. Accessibles via un onglet «shopping» sur la page Facebook d'une marque, elles permettent à l'internaute de remplir un panier d'achat et de payer sur Facebook, par carte bancaire ou PayPal, ou d'être basculé sur un site d'e-commerce pour finaliser la transaction.

«Les atouts de Facebook sont sa taille et un ticket d'entrée très peu cher pour le marchand, contrairement à une plate-forme de commerce en ligne. Ensuite, avec les mécaniques de recommandation sur le site, une boutique peut-être visible très rapidement», observe Cyril Attias, fondateur de l'agence Influence Digital. Il a réalisé une telle boutique Facebook pour Longchamp. «C'était d'abord un test, pour voir comment démocratiser un achat qui peut être compliqué sur un gros site marchand», explique-t-il.

Sa conclusion : «Facebook n'est pas un canal de vente prioritaire mais complémentaire, c'est un service qu'une marque doit rendre à sa communauté.»

Cibler le profil et les goûts de l'internaute
Cette communauté partage beaucoup de données sur Facebook, précieuses pour la gestion de la relation client. L'agence interactive Nurun a donc développé une application de commerce qui permet à l'internaute d'effectuer tout son parcours d'achat sur Facebook, et surtout de voir des produits correspondant à son profil socio-démographique ou à ses goûts.

«Notre vision est de réutiliser l'expérience e-commerce existante, c'est-à-dire le système d'information et la logistique du marchand, pour ne pas faire double emploi», explique Christophe Cadic, le directeur technique de Nurun et développeur de cette application. «À cela, s'ajoute la gestion de la relation client : à travers l'application, on voit ce que les internautes aiment sur Facebook - une information que Facebook met à notre disposition et que l'internaute accepte de nous transmettre lors du téléchargement de l'application de commerce.»

Mieux, la marque reprend ainsi la main sur un sujet stratégique majeur : «Sur Facebook, les données n'appartiennent pas à la marque. Si demain Facebook change ses conditions d'utilisation, la marque a tout perdu. Sur notre application, tout ce qui s'y passe - les “like” (clics sur le bouton «j'aime» à côté d'un contenu, NDLR), l'ajout de produits, le parcours d'achat - est stocké chez nous. C'est une colossale source d'information», explique Grégory Pouy, directeur des médias sociaux chez Nurun.

Une dernière porte reste à ouvrir : la transformation de près de 600 millions d'utilisateurs en e-marchands. Le terrain était jusqu'ici la chasse gardée du site d'enchères eBay. Mais Facebook pourrait jouer les invités-surprises.


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