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11Sep
2013

Des globules rouges datant de plus de 5000 ans


Du sang a été retrouvé dans le corps momifié d'Ötzi, un homme préhistorique mort il y a 5300 ans et découvert en 1991 dans un glacier alpin entre l'Autriche et l'Italie.

Ötzi est une mine pour les scientifiques. Cet homme qui vivait il y a 5300 ans et dont la momie parfaitement bien conservée a été retrouvée par hasard, en septembre 1991, dans un glacier des Alpes tyroliennes, n'en finit pas d'apporter son lot de révélations. Depuis vingt ans, des spécialistes du monde entier ont analysé sous toutes les coutures les vêtements, les armes, les os, l'ADN, les dents, les tissus d'Ötzi et même le contenu de son estomac.

Mardi 1er mai, l'anthropologue Albert Zink, qui dirige le European Institute for Mummies and the Iceman à Bolzano (Italie) annonce dans la revue de la Royal Society britannique avoir retrouvé des globules rouges sur deux des nombreuses plaies de celui que l'on surnomme aussi l'Homme des glaces.

Au départ, les scientifiques pensaient que le sang d'Ötzi s'était autodétruit au fil du temps, jusqu'à ce que des tests plus poussés révèlent des traces de résidus sanguins sur la célèbre momie. Mais aucune cellule sanguine intacte n'avait pu être formellement identifiée. «Jusqu'à présent, on ignorait avec précision combien de temps le sang pouvait se conserver, et encore plus à quoi pouvaient ressembler des cellules sanguines» datant de la fin du Néolithique, explique Albert Zink.

Précision nanométrique

Pour résoudre l'énigme, l'équipe qu'il dirige a eu recours à un microscope à force atomique d'une précision nanométrique, capable de révéler des détails d'un milliardième de mètre. En examinant des échantillons prélevés dans la plaie de la main droite d'Ötzi et dans celle située sur son omoplate, les chercheurs écrivent avoir trouvé trois «corpuscules» en forme de «disque concave», «typique des globules rouges» sanguins.

«Leur morphologie ne montrait aucun signe de dégradation, de dégât ou de désordre», soulignent-ils, ce qui indique selon eux «que les globules rouges ont été préservés durant plus de 5000 ans dans les tissus blessés de la momie». Pour confirmer ce résultat, ils ont ensuite soumis ces échantillons à la «spectroscopie Raman», une méthode non destructive qui permet de déterminer la composition moléculaire d'un matériau.

Signature lumineuse

Résultat: les signaux renvoyés par les corpuscules trouvés dans les blessures d'Ötzi étaient similaires à ceux du sang et des globules rouges humains, en majorité caractéristiques de l'hémoglobine.

Les chercheurs ont toutefois noté une légère différence dans la «signature lumineuse» des globules rouges d'Ötzi qui pourrait s'expliquer selon eux par le fait que ses plaies avaient commencé à coaguler. «Cette observation confirme que l'Homme des glaces a subi des blessures multiples avant sa mort», estiment-ils, écartant l'hypothèse d'une mort subite au profit d'une agonie bien plus lente.


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